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Grève ou pas, les studios produisent

Le 30 juin dernier, les studios et les représentants de la SAG (Screen Guild Actors) auraient dû et pu signer un contrat liant les deux parties, et renouvelant les accords de travail avec des améliorations salariales (voir article : Hollywood acteurs et producteurs discutent encore, Hollywood : la grève n'est pas pour demain, Hollywood : accord entre l'AFTRA et les studios). Il n'en fut rien. Telle une épée de Damoclès traînant au-dessus des plateaux, la menace d'un possible conflit plane encore.

 

Petit rappel. En prévision d'un arrêt de travail des scénaristes - il interviendra le 3 novembre et durera une centaine de jours -, les studios avaient mis leurs productions au ralenti, pour ne pas dire au point mort. Si la perspective d'un nouveau conflit est loin d'être estompé, les patrons ont dans l'ensemble décidé de poursuivre. Après la date fatidique du 30 juin, des films comme Transformers 2, Anges et démons, Terminator Renaissance ont continué comme si de rien n'était. Tous sont aujourd'hui terminés. Malgré une angoisse patente, une nouvelle fournée est dans les tuyaux, comprenant pas moins d'une quarantaine de films. De Funny People avec Jude Law à Hangover en passant par Tooth Fairy, les tournages s'enchaînent. Craignant de possibles trous dans le programme de leurs futures sorties, les studios se disent prêts à prendre des risques et à en assumer les conséquences, sachant que les acteurs travaillent actuellement sans filet, sans réelle protection sociale, et peuvent déclencher un mouvement à tout moment.

 

Pour le moment, chaque jour de tournage coûte entre 100 000 et 500 000$ à un studio et si un acteur quitte le décor, il reste assez d'argent à la production pour tenir huit semaines avant d'être contrainte de tout arrêter, et ce avec l'espoir qu'un accord soit trouvé entre-temps. Les caisses des maisons de production ont été approvisionnées en conséquence.

 

Mais l'affaire se complique quand il s'agit de parler des films à venir, ceux qui ne sont pas encore entrés en préproduction. Si les studios mettent de l'argent sur la table pour ces futures productions, ils n'ont aucune garantie que ce ne soit pas à perte. Des millions de dollars étant en jeu, il y a de la frilosité dans l'air. Pour se protéger face à un tel cas de figure et au lieu de commencer cette préproduction le mois prochain, les studios disent préférer attendre mars avant de lancer la mise en chantier de leurs nouveaux projets conséquents.

 

En même temps, ces mêmes patrons peuvent être confiants. A en croire les agents des acteurs, leurs clients ne demandent qu'à retourner au travail normalement et donc à trouver un accord. Ils sont prêts à faire des efforts avant que ledit accord n'intervienne au moment des prochaines élections de la SAG (en 2009). Il y a déjà eu une tentative de signature, mais elle a échoué, faute d'un pourcentage de votants suffisant. Il faut en effet 70 % de oui pour toute ratification et il n'y en avait que 55 %.

 

Selon le journal Variety, la crise économique ambiante, la chute de la bourse, les faillites en chaînes n'ont pour le moment aucun effet sur Hollywood et l'industrie du cinéma. Il paraît évident pour les patrons des studios que le public continuera à aller au cinéma le jour où sortiront les films cités plus haut.


Par Gwen Douguet (08/10/2008 à 13h15)
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