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Nicolas Cage

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Nicolas Cage : retour vers le foutoir

Pouvez-vous nous raconter un peu ce qui pousse Ben et la bande à revenir à la chasse au trésor ?

 

Bon, d’abord, il y a cette urgence pour Ben de laver le nom de son arrière grand-père. Thomas Gates est un défenseur de la liberté qui appuie la philosophie de Lincoln, mais on l’accuse d’être un sympathisant des confédérés et d’avoir brûlé les pages du journal intime de Booth dans le but de trouver un trésor qui aurait servi à financer une rébellion du côté des confédérés. Or la réalité est, au contraire, qu’il essayait d’empêcher ces personnes de trouver le trésor. C’est le personnage d’Ed Harris qui affirme que mon arrière grand-père était du mauvais côté.

 

C’est la première fois que vous apparaissez dans une suite de film. Qu’est-ce qui vous a décidé ?

Oui, c’est ma première suite, effectivement. Eh bien, j’ai beaucoup apprécié le tournage du premier volet. Quelqu’un a dit un jour que la seule chose qui compte c’est d’apprécier les gens avec qui on travaille et d’être à l’aise dans l’endroit où on travaille, et c’est aussi mon avis. Quand en plus on vous dit qu’il y a une suite et qu'elle peut stimuler les jeunes à se plonger dans leurs livres d’Histoire… alors ça en vaut la peine !

 

Etiez-vous déjà intéressé par l’Histoire avant de faire ce film ?

Oui, j’aime me plonger dans le passé. J’aime visiter de vieux édifices et, pour moi, c’est une grande joie de travailler à Londres parce que nous n’avons rien de semblable à L.A. Or j’ai toujours adoré l’art et les livres anciens, j’aime particulièrement la manière dont ils étaient faits.

 

Y a-t-il une époque qui vous fascine plus particulièrement ?

À vrai dire, en ce moment, je m’intéresse beaucoup à la civilisation celtique et ses croyances quand les sociétés chrétiennes et païennes coexistaient… je trouve que cet échange est fascinant.

 

Vous possédez un château en Allemagne. Est-ce que l’Histoire de vos ancêtres dans cette partie du monde vous captive ?

Oui, je suis très curieux de connaître l’Histoire de mes ancêtres. J’ai ajouté une phrase dans le film où je dis, en tant que Ben Gates : « Tout ce que je suis, je le dois à mes ancêtres. » et je crois sincèrement que c’est vrai pour nous tous. Je crois que tous ceux qui sont assis ici sont arrivés là où ils sont parce qu’il y a eu des gens avant eux, leurs ancêtres, qui ont agi pour que ce soit possible et ça m’intéresse d’explorer cet aspect historique.

 

Quel a été votre apport personnel au script et à l'intrigue du film ?

Eh bien, c’est précisément ce qui me plaît le plus dans cette équipe. Elle t’invite à participer et elle t’écoute. Puis elle retourne à ses notes et les travaille avec les scénaristes. Parfois je parle directement avec les scénaristes au sujet de ce que j’aimerais faire et ils me laissent une place pour l’improvisation. Nous collaborons vraiment tous ensemble.

 

Benjamin Gates est une façon « simplifiée » d'illustrer l’Histoire. Avez-vous un projet historique « plus sérieux » ?

Eh bien oui, tout ça m’intéresse vraiment ! Ceci dit, ce qu’il y a de bien avec les films faciles, c’est qu’on arrive à toucher plus de gens et plus spécialement les jeunes, que l’on peut stimuler… Je voudrais être capable de communiquer avec toutes les tranches d’âge.

 

Dès la sortie du film, on fera des comparaisons évidentes avec d’autres comme Da Vinci Code. Y avez-vous pensé ?

Les événements arrivent plus ou moins à la même époque mais dans le fond, nous partons de deux concepts totalement différents, qui d’ailleurs ignoraient tout l’un de l’autre. C’est pour des éléments comme cela que je crois fermement à l’esprit du temps. C’était simplement dans l’air et c’est ce qui est arrivé là. Mais je suis très satisfait du personnage de Benjamin Gates et j’aime sa trajectoire et ses aventures. Je m’intéresse vraiment à ce qui le motive.

 

Quelle est sa trajectoire dans le film ? Dans le premier il était plutôt du genre héros malgré lui ?

Si je devais le mettre dans une catégorie, ce serait à mi-chemin entre l’homme honnête et le criminel glorifié. En fait, je crois qu’il adore les deux aspects et qu’il en tire beaucoup d’adrénaline. Il faut aussi tenir compte du fait que son grand-père l’avait adouber chevalier quand il était enfant, et je crois fermement qu’il l’avait pris au sérieux et qu’il croit à une espèce de vieux code d’honneur, quelque chose de presque arthurien, quelque chose qui n’est pas très habituel de nos jours.

 

Comment maintenez-vous la fraîcheur du personnage ?

En me plongeant dans le passé. Nous remontons aux anciennes cultures aztèques et olmèques, et nous y ajoutons John Wilkes Booth et l’or des confédérés. Alors j’essaye de le voir un peu comme Basil Rathbone et Sherlock Holmes. Chacun des nouveaux épisodes d'Holmes est une aventure avec le docteur Watson, et ils doivent explorer des situations différentes.

 

Est-ce que Ben est un personnage agréable à interpréter ?

Disons que j’ai beaucoup aimé incarner Stanley Goodspeed [dans Rock, NDR]. J’aime ce genre de héros improbable, la dernière personne que l’on pourrait imaginer être capable de faire le boulot. Pourtant, je dois reconnaître que Ben Gates me donne plus de possibilités d’explorer d'autres aventures.

 

On a entendu parler d’une suite de Rock, justement…

Sean Connery et moi sommes amis et je suis pratiquement sûr qu’il accepterait et j’imagine que ça serait grandiose, car j’adorerais retravailler avec lui. J’en ai entendu parler, mais je ne sais rien de plus. Je pense que ça serait dur d'approfondir le sujet parce que Rock, c’est Alcatraz, et ça a déjà été fait.

 

Pourquoi jusqu'à maintenant aucune suite n'était apparue dans votre filmographie ?

Je les ai toujours évitées de justesse, simplement parce que dans le passé, je n’ai jamais aimé l’idée de me répéter. Cependant, dans ce cas, je sens que chaque épisode, dans un sens, est une aventure totalement nouvelle, avec toute une panoplie de possibilités, parce que ça c’est dans la nature du personnage, vous savez, une espèce de détective historique.

 

Ce n’est pas seulement un trésor national, c’est plutôt un trésor international..

Dans un sens, c’est vrai, et ça me plaît comme ça. J’aime ce titre, j’espère qu’un jour on fera une version s’intitulant « Trésor international ».

 

Jusqu’à quel point est-ce que vos racines italiennes sont importantes ?

Elles sont primordiales. Mon père était un italien très fier, et j’ai grandi dans cette culture. Cependant, ma tendance est plus internationale. Je crois que c’est une mentalité internationale qui permet de maintenir un esprit de paix et je pense que quand on possède l’orgueil national ça devient très rapidement dangereux. C’est pour cela que je préfère me voir comme un citoyen du monde.

 

Qu’est-ce que vous lisez, et quelle est votre source d’information en termes de politique et d'actualités ?

J’ai simplement mes opinions personnelles et ça me convient. Je ne crois pas qu’une personne puisse être meilleure qu’une autre. C’est la raison pour laquelle, quand je vais dans un pays étranger, j’essaye de me voir, autant que possible comme un membre de plus de ce pays, et c’est ce qu’il y a de mieux pour les relations.

 

Qu’est-ce que vous pensez de la possibilité de tourner un film du genre de World Trade Center ?

C’est quelque chose qui est arrivé, c’est un fait historique et il faut l'inscrire dans l'Histoire. Pour moi, ça n’a rien à voir avec la politique, c’est un événement de l’Histoire. Ça aurait pu arriver n’importe où. Alors tout le monde peut se sentir visé et c’est simplement une histoire de survie. Que ce soit en Amérique, en Angleterre ou en Asie, ça n’a pas beaucoup d’importance. Comment deux personnes qui sont au fond d’un trou, avec tous ces débris sur elles peuvent survivre ? Pour moi, c’est aussi simple que ça. Je pense que c’est important que ces faits historiques soient documentés. Les enfants se posent des questions et ils cherchent toujours à savoir et comprendre.

 

Vous avez beaucoup travaillé pendant les deux dernières années. Comment trouvez-vous du temps pour vous consacrer à ce qui vous passionne ?

Ça va ensemble. Quand quelque chose m’intéresse de façon personnelle, ça a tendance à passer dans mon travail, et c’est ce qui le rend honnête. Le fait de travailler et d’exprimer des choses qui sont réellement importantes pour moi, c’est ce qui ajoute de la sincérité à mon jeu.

 

Pouvez-vous nous raconter quelque chose sur la scène que vous tournez aujourd’hui ?

Je suis en train de faire une séquence où je dois littéralement faire une scène : je dois volontairement me ridiculiser. Je vise à me faire arrêter pour pouvoir m’introduire dans la palais de Buckingham et accéder au secrétaire de la reine.

 

Vous avez travaillé plusieurs fois avec Jerry Bruckheimer. Qu’est-ce qui vous pousse à le retrouver ?

C’est une vraie collaboration. C’est toujours plein de tension et ça fait un peu peur parce qu’on ne sait jamais trop ce qu’on va faire exactement. Mais c’est ça qui confère au travail son côté spontané. Si vous aimez la haute tension, c’est tout simplement le travail idéal et je dois reconnaître qu'évoluer avec cette impression de danger me plaît.

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