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Jamie Chung

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Jamie Chung : poigne de fer et séduction

  • Jamie Chung : poigne de fer et séductionPassée, à la télévision, par des apparitions dans «Urgences» et «Les Experts : Manhattan», vedette de la série «Samurai Girl», Jamie Chung tient l’un des rôles délicats de Dragonball. Celui de Chi Chi qui, si extravertie en authentique toupie vivante du manga et de l’animé, nécessitait au cinéma une interprétation plus mesurée pour ne pas sombrer dans l’excès et demeurer crédible.

     

     

  • Par Marc Toullec (31/03/2009 à 08h28)
Question récurrente : comment votre trajectoire a-t-elle croisé celle du film ?

Dès que j’ai entendu parler de la mise en chantier de Dragonball, j’ai envoyé une cassette vidéo où je me présentais, où j’expliquais mes motivations. Aucun retour, aucune réaction. J’ai donc pensé que le réalisateur et les producteurs l’avaient jeté à la corbeille, tellement ils m'avaient jugée désastreuse. A 100 % investie dans la tournage de «Samurai Girl» qui se déroulait à Vancouver, j’avais pratiquement oublié Dragonball quand, de retour à Los Angeles, le directeur du casting m’a contactée pour une audition. Tout s’est alors passé si vite que ça m’a vraiment bousculée.

 

Il semble que vous étiez un peu la Chi Chi de la dernière chance !

Je crois que les producteurs ont auditionné un nombre importants de filles avant moi et aucune, Dieu merci, ne les a convaincus. Tout à mon avantage ! Certaines avaient le physique de l’emploi, mais ne donnait pas satisfaction dans la pratique, même sommaire, des arts martiaux. D’autres pratiquaient les arts martiaux et n’avaient pas le physique de l’emploi.

 

La Chi Chi de Dragonball le film est-elle le reflet précis de celle du manga et de l’animé ?

Pratiquement. L’essence du personnage n’a pas évolué du manga au film. Chi Chi est toujours amoureuse de Goku, toujours prête à en découdre avec les hommes et ses allures de petite fille un peu timide dissimulent en fait une volonté de fer. Je connaissais bien le personnage pour avoir vu un grand nombre d’épisodes de la série animée «Dragonball» quand j’étais gamine. Mais, pour les besoins du film, le scénariste a également imaginé des rebondissements inédits. Comme Chi Chi qui affronte une autre Chi Chi, maléfique celle-là.

 

Il y a des différences entre la Chi Chi des origines et celle que vous incarnez ?

Oui, vous avez raison. Dans le manga et l’animé, le personnage se montre extraverti, extrêmement actif, presque hystérique. Il ne tient pas en place et Chi Chi exprime ses sentiments pour Goku en le traquant littéralement, comme on traque un gibier. A l’écran, pas possible d’adapter ça tel quel sans sombrer dans la caricature. Si Chi Chi prouve à Goku qu’elle l’aime et se montre très entreprenante, elle agit cependant avec davantage de retenue. Imaginez qu’elle n’ait pas changé d’attitude ? Goku aurait fui à toutes jambes devant une folle pareille. Ce qui marche en animé ne fonctionne pas obligatoirement avec de vrais comédiens !

 

Deux Chi Chi dans la même scène : double satisfaction donc !

Et deux fois de travail, une synchronisation harassante dans les effets spéciaux et les combats. Je n’allais cependant pas me plaindre car me glisser dans les habits de Chi Chi relevait chez moi du rêve de petite fille ! Toute gosse, je me battais souvent avec ma sœur, pour de faux, pour imiter «Dragonball». Et, le plus souvent, je sortais vaincue de la bagarre !

 

Quel défi particulier représente donc la séquence de Chi Chi se battant contre elle-même ?

Trois jours de travail intensif, sans relâche. Quelque chose de très technique, de très complexe. En gros, je devais simuler le combat deux fois, toujours face à la cascadeuse qui me doublait habituellement. Une fois, j’étais la bonne Chi Chi. Une autre, la mauvaise tandis que ma doublure reprenait l’autre rôle. En post-production, pour certains plans, son visage a disparu au profit du mien. Nous devions respectivement reproduire nos gestes avec la plus grande précision. C’est la première fois que je travaillais avec des effets spéciaux visuels. Bluffant.

 

Est-ce là la scène qui a été la plus exigeante ?

Certainement l’une des plus dures d’un point de vue physique. Une autre m’a vraiment donné des suées : celle où j’embrasse Goku ! La première fois que je pose sur mes lèvres sur celles d'un garçon, à l’écran. J’étais vraiment très nerveuse avant les prises, exactement comme à l’occasion d’un premier rendez-vous romantique. Déstabilisant ! J’en oubliais même mes répliques. Je bredouillais... Pire qu'une débutante.

 

Quel entraînement avez-vous subi pour vous préparer au défi physique que représente Dragonball ?

J’ai fait de la musculation et, tous les jours, je me suis entraîné aux arts martiaux. Comme la pratique d’un sport de combat demande une grande souplesse, j’ai aussi fait beaucoup de stretching. Je n’avais jamais subi un tel entraînement et, jamais je n’aurais pensé que je pourrais faire de l’exercice tout en pleurant et en transpirant sang et eau… C’était douloureux, mais cela m’a fait beaucoup de bien. Et, à l’écran, les résultats sont là ; j’ai vraiment l’air très forte. D’ailleurs, Goku le fait remarquer à Chi Chi.

 

Les arts martiaux de Dragonball peuvent-ils être comparés à «Samurai Girl» ?

Non, pas du tout ! Dans «Samurai Girl», il s’agit essentiellement de kendo. Dans Dragonball, les disciplines se mêlent et chaque personnage possède sa propre manière de se battre. Pour Chi Chi, c’est le taekwondo dont elle fait surtout usage. Un art martial qui détermine sa personnalité et qui m’a amené à pratiquer le squatch de manière très intense. Chacun dans Dragonball pratique un art martial différent.

 

Un rôle comme celui de Chi Chi, ça se prend dans quel sens, ça s’aborde de quelle manière ?

Pour donner de la substance à un personnage pareil, vous vous devez de trouver des traits communs entre vous et le rôle. En l’occurrence les arts martiaux, l’indépendance, un caractère bien trempé, le côté ponctuel… Les points d’attache ne suffisent cependant pas ; il faut creuser le personnage, étudier son passé, l’inventer si besoin est. Pour Chi Chi, je me suis surtout penchée sur l’histoire d’amour naissante entre elle et Goku. Je voulais que les sentiments soient à l’écran. La partie physique du rôle m’a aussi donné du fil à retordre. Malgré mon background dans les arts martiaux, j’ai dû me hisser à son niveau. Ou, du moins, en donner l'impression. Pas évident tant elle est puissante, capable de prouesses.

 

Vous avez relevé des traits communs entre Chi Chi et vous, mais avez-vous noté des différences criantes ?

Chi Chi mène une double existence. L’une officielle au lycée dont elle est l’élève la plus populaire, la petite amie du champion de football du campus. L’autre officieuse, secrète et dans laquelle elle se bat pour le plaisir de se battre. Rien à voir avec moi qui n’ait de secret pour personne, surtout pas pour mes amis qui, en moi, peuvent lire comme dans un livre ouvert ! Autre différence entre nous deux : contrairement à elle, je ne suis pas née avec une cuillère en argent dans la bouche !

 

Quelle pression les fans les plus irréductibles du manga et de l’animé exerçait sur vous ?

Cette pression, c’était déjà James Wong, le réalisateur, qui l’entretenait ! A chaque question, chaque hésitation des comédiens et des techniciens, il avait une réponse en fonction du manga. Il s’en était si bien imprégné que l’adaptation paraissait couler naturellement. « Il faut faire ça et pas ça », nous recommandait-il, toujours sûr de lui. Il connaissait parfaitement les règles, garant de la fidélité au manga et à la série animé. Sur le plateau, nous nous savions surveillé par les fans, décortiqué dans le moindre de nos mouvements… Un peu effrayant, stressant mais on ne s’attaque pas impunément à une franchise comme Dragonball sans conséquence !

 

Bilan de l’expérience Dragonball ?

Le film m’a un peu secoué dans mon petit confort de comédien, poussé à faire ce que je me soupçonnais ne pas être capable de faire, mentalement et physiquement même. Rien à voir avec ce que j’avais déjà accompli sur «Samurai Girl». Je n’attends plus que les producteurs et James Wong me demandent de reprendre le rôle de Chi Chi dans un deuxième Dragonball. Et, pourquoi pas, un troisième !

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