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Justin Chatwin

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Justin Chatwin : Magic Warrior

  • Justin Chatwin : Magic WarriorFils de Tom Cruise dans La Guerre des mondes, être surnaturel entre vie et mort dans Invisible, aperçu dans des séries telles «Smallville» et «Disparition», au début tout entièrement tourné vers une carrière professionnelle dans le commerce, Justin Chatwin ne fait pas qu’interpréter Goku, le héros de Dragonball ; il s’y identifie presque, comparant sa petite (pour l’heure) expérience de la vie à la sienne, aussi fictive soit-elle.

  • Par Marc Toullec (30/03/2009 à 07h27)

 

Pouvez-vous, par étapes, nous raconter comment vous en êtes venu à incarner Goku dans Dragonball ?

J’ai reçu le scénario par mail et je l’ai lu. Je me suis aussitôt identifié à Goku. Pourquoi ? Parce que nous avons le même âge, avons connu un parcours similaire. Comme lui, au lycée, je ne faisais pas partie d’une bande et certains me rejetaient sans que je ne sache trop pourquoi. Comme lui, je n’ai jamais eu ce qu’on appelle des « meilleurs amis », mais plutôt des copains et des connaissances. Bref, entre Goku et moi ça collait !

 

C’est donc avec enthousiasme que vous vous êtes porté candidat au rôle…

Oui, le scénario m’a emballé, même si, à ce stade, j’ai rencontré quelques difficultés à imaginer le résultat final à l’écran, les effets spéciaux. Après la lecture du script, j’ai rencontré James Wong, le réalisateur, qui m’a expliqué ses intentions, sa volonté de revenir aux racines chinoises de la légende à l’origine de Dragonball. Il m’a également fait visiter les locaux de la société où se préparaient les effets spéciaux numériques. Il m’a aussi montré le story-board, les essais caméra… Une manière de me préparer. Sa rencontre m’a convaincu que le film allait dans la bonne direction. Encore fallait-il, pour que j’en fasse partie, que je sois retenu pour le rôle de Goku car, à ce moment-là, les producteurs hésitaient entre cinq et six comédiens. Je les ai d’ailleurs rencontrés au stade final de la sélection, quand, sur les collines qui bordent Los Angeles, nous nous sommes tous retrouvés, habillés et coiffés à la Goku, à donner la réplique à plusieurs comédiennes. Une semaine plus tard, j’ai reçu le coup de téléphone qui m’informait de la bonne nouvelle. Le studio venait de trancher en ma faveur. Voilà comment les choses se sont déroulées. Très simplement en vérité !

 

Que vous inspiraient le manga et l’animé Dragonball avant votre embauche ?

J’ai toujours adoré le manga original qui est plus populaire encore chez la génération après la mienne. Je me souviens que les petits frères de mes copains n’arrêtaient pas de parler de Goku. Ils passaient leur temps à rejouer les batailles et à s’imaginer dans la peau des personnages. D’ailleurs, sur le tournage, j’avais l’impression d’être un gamin de six ans qui joue à combattre les méchants, au fond du jardin avec ses copains. Je donne des coups de pied, des coups de poings et je vole dans les airs. Un vrai rêve de gosse.

 

De prime abord, Goku semble un héros facile à jouer, sous réserve que l’on ait – comme vous – le physique de l’emploi…

Oh non, pas du tout ! Il s’agit même d’un personnage pas évident. Pour plusieurs raisons. D’abord, je ne voulais surtout pas décevoir les fans en m’écartant du manga et de l’animé, qu’ils vénèrent. Ensuite parce que Goku n’est pas une caricature de héros. Au début, c’est un garçon pas très sûr de lui, naïf ; il ne sait pas très bien dans quelle direction s’engager. En même temps, tout timoré soit-il, il réfrène son tempérament de guerrier. Les deux facettes de sa personnalité le rapprochent, d’une certaine maière, de Dr. Jekyll & Mr. Hyde, non pas qu’il y ait du mauvais en lui, mais surtout par le fait qu’une part de lui pourrait prendre l’ascendant sur l’autre. Suffit qu’il se lâche pour ça. D’un côté : le gamin encore innocent qui ressent de la peur. De l’autre : le combattant sous pression, plein de rage. Une double polarité vraiment intéressante à explorer.

 

Intéressant certes, mais risqué, un détail dans l’accoutrement et la coiffure pouvant conduire au ridicule…

Oh oui, j’ai aussitôt mesuré les risques. Malgré l’enthousiasme et la satisfaction d’avoir été sélectionné, je n’en avais pas moins peur. Peur d’être à côté de la plaque, peur de me retrouver soudain aussi exposé avec le premier rôle d’une franchise mondialement connue… Quelque chose d’un peu lourd. Encore aujourd’hui, je suis nerveux quant au résultat final, à l'idée de me voir à l’écran. Ce qui arrivera demain. Je dois même vous le confesser : j’ai même la trouille ! Si, dans le film, je n’ai l’air que d’un gugusse déguisé et qui imite maladroitement Goku, je crois bien que Dragonball pourrait être aussi mon dernier film.

 

Sur le plateau, avez-vous immédiatement tiré sur les bonnes ficelles dans l’interprétation de Goku ?

J’aurais certainement rencontré de sérieuses difficultés si, avant le tournage, je n’étais pas passé, comme la plupart des autres comédiens, par six ou sept semaines de préparation. C'est aussi important pour se mettre en forme physiquement que pour entrer dans la peau du personnage, apprendre à le connaître plus intimement. D’ailleurs, ce n’est pas tant la formation aux arts martiaux et le travail pourtant difficile avec les cascadeurs qui m’a demandé le plus de concentration, mais la psychologie de Goku, sa façon de penser qu’il fallait que je saisisse. En soi, les préparatifs au combat n’étaient pas si durs. Des combats ou plutôt, selon moi, une forme de danse tant le moindre des mouvements repose sur une chorégraphie très précise, aérienne.

 

Une chorégraphie qui implique une mise à niveau et, forcément, de l’entraînement !

Dès le lendemain de l’annonce de mon engagement, j’ai dû m’y mettre ! Pas question que j’incarne Goku en l’état. De sept heures du matin à onze heures, dès le premier jour, j’étais déjà pris en mains par 87eleven, l’équipe de cascadeurs derrière 300, La Mort dans la peau, Mr. & Mrs. Smith… Une nouveauté pour moi car, avant, jamais je ne m’étais battu. Dans la vie et à l’écran ! C’est justement cette maladresse que recherchaient James Wong et les cascadeurs, Goku étant dans la même situation, se battre lui étant interdit par son grand-père ! J’ai donc appris les rudiments des arts martiaux, l’amorce aux coups de pied, de poing… J’avais un professeur de ju-jitsu et d’autres pour le karaté et le kung-fu. J’en ai vraiment bavé, au point de courir aux toilettes pour vomir. Parallèlement, j’ai suivi un régime pour perdre du poids tout en me musclant. Lorsque je suis arrivé sur le plateau à Durango, au Mexique, il n’a pas été question de relâcher l’effort. Au contraire. Footing en pleine nature, retour à l’hôtel, gym et dodo. Et, le lendemain, c’était la même rengaine. Exigeant. Oui, interpréter Goku n’est pas un boulot de tout repos !

 

Comment avez-vous réagi la première fois que vous vous êtes vu en Goku ?

Des pensées effroyables m’ont traversé ! Je me suis dit : « oh mon Dieu, je crois que je viens de sceller la fin d’une carrière qui avait à peine commencé » et « je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi ridicule... » Mon ego en a pris un coup ! Puis, j’ai bien remarqué que ce Goku-là collait au plus au personnage du manga. Pour moi, dans le miroir, ce n’était plus Justin Chatwin, mais un Goku tel que les fans voulaient le voir. Je me suis ainsi fait à l’idée de revenir jour après jour sur la plateau, coiffé de cette manière, habillé de cette manière.

 

Quels enseignements tirez-vous de l'expérience Dragonball ?

Dragonball m’a appris à faire les choses très sérieusement tout en ne me prenant pas au sérieux. Comment le pourrais-je avec Goku ? Après quelques rôles assez lourds, le film m’a ramené à une expérience plus ludique du cinéma. C’était comme redécouvrir à quel point cela peut être drôle, amusant de tourner des films. Une fois, j’avais le sentiment d’avoir régressé jusqu’à mes cinq ans, de jouer au ninja avec les copains, dans le jardin de papa et maman.

 

A vous écouter, tout le tournage de Dragonball semble avoir été une vaste partie de rigolade. Vous y avez pourtant un peu souffert !

Oui, à l’entraînement, avec les experts en arts martiaux. Mais, paradoxalement, les souffrances font aussi partie intégrante des bons souvenirs, tant j’ai appris à suivant cet entraînement si intense. Egalement appris une autre hygiène de vie, une autre façon de se tenir. Très bénéfique sur le plan personnel, encore aujourd’hui, un an après le tournage à Durango, l’endroit du Mexique où Sam Peckinpah a réalisé La Horde sauvage. Entre Durango et Mexico City, il n’y a pas photo à mon goût. Je prends Durango !

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