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Les zombies ou apparentés prolifèrent partout. En salles avec les très convaincants Mutants de David Morley. En DVD avec un beau trio de décharnés que composent de Mulberry Street, Dance of the Dead et Zombies Anonymous. Trois films de zombies certes, mais pas un qui ressemble vraiment à l’autre.
Un film de zombies conventionnel ? C’est justement ce que Jim Mickle veut éviter avec Mulberry Street ! Mais, dans les faits, cela revient toutefois au même ! A une contagion qui galope, des contaminés qui se jettent sur les simples mortels pour les bouffer, à une authentique nuit des morts-vivants durant laquelle les habitants d’un immeuble vétuste résistent tant bien que mal à l’appétit des enragés, atteints par un virus d’abord transmis par les rats dont les victimes finissent par reproduire quelques-unes des caractéristiques morphologiques. Une allusion détournée à la pièce «Rhinocéros» de Ionesco ? Possible.
Produit avec des moyens réduits par un comédien sous-employé (Nick Damici) et un électricien de plateau (Jim Mickle), Mulberry Street se situe moitié dans le cinéma indépendant new-yorkais, moitié dans le pur film de genre.
Entre observation d’un microcosme de petites gens qu’un vaste projet immobilier menace d’expulsion et une montée graduelle de la tension, il se tient en équilibre, ne vacillant dans l’horreur graphique que sur la fin. Encore que, bien écrits et fortement ancrés dans la réalité, ses protagonistes (un ancien boxeur, sa fille militaire de retour d’Irak, un couple gay, une barmaid, un survivant à l’Holocauste…) sortent de la routine de la « zombie attitude ».
Toute petite chose cinématographique certes, mais attachante, tendue, habile à exploiter des bouts de ficelle, apte à distiller une atmosphère de plus en plus oppressante.
LES BONUS. Pas bien utiles les deux scènes coupées au montage. En revanche, différents suppléments courts (les tests et la préparation des maquillages, la composition des effets spéciaux visuels à partir d'incrustations, le dressage des rats) donnent une idée du soin dont la réalisation du film bénéficie. Ce que reflètent aussi un assez long exposé du story-board et des croquis du réalisateur. Regrettable que le même réalisateur et ses lieutenants ne prennent jamais la parole. (Opening).
Là où un Mullberry Street aborde très sérieusement les choses, Dance of the Dead les prend à la rigolade, façon Shaun of the Dead.
Sous prétexte d’une fuite radioactive dans une centrale nucléaire, les habitants d’une petite ville de Pennsylvanie se métamorphosent en zombies anthropophages. Les habitants et, plus particulièrement, des adolescents sur le point d’assister au bal de fin d’année scolaire. Et, tandis que les élèves normaux et leurs professeurs basculent vite dans le camp des morts-vivants, les premiers prennent le dessus. Notamment ceux du club de science-fiction, trois musiciens, un entraîneur à la Rambo… Une belle brochette de personnages azimutés pour une comédie horrifique généreuse en débordements gores et macabres. Quand les morts du cimetière sortent de terre telles des fusées. Quand deux tourtereaux s’entredévorent en signe d’affection. Quand le coach fait littéralement un massacre chez des zombies qu’un concert rock fige sur place…
Souvent drôle, frondeur à se moquer des valeurs américaines, et anticonformiste à rejeter les héros classiques du genre au profit de ceux que réalisateurs et scénaristes relèguent le plus souvent au rang de faire-valoir boutonneux, Dance of the Dead tient d’autant plus ses engagements que les effets spéciaux (le plus souvent des maquillages et prothèses à l’ancienne) se hissent à un bon niveau artisanal.
LES BONUS. Une très satisfaisante édition que se partagent Blu-ray et DVD. Le making-of revient sur la genèse du film, le recrutement des comédiens, leur formation, les effets spéciaux et l’avant-première. Des trucages que commente également le réalisateur dans un sujet à part. Neuf séquences inédites ou alternatives participent également à la bonne tenue des suppléments, particulièrement celle où le plus azimuté des héros dirige une séance virile de coups de pied dans les parties, histoire de se prouver « qu'on n'est pas des fiottes ». (FreeDolphin/Paramount).
Un film de morts-vivants qui joue la carte de la rupture. Ici, les zombies se réunissent à la manière des alcooliques anonymes, se décarcassent à s’intégrer au mieux à une société qui les rejette autant qu’elle tente de leur vendre des cosmétiques tant qu’ils restent solvables… Assassinée par un petit ami jaloux, une jeune femme découvre cet « autre côté » et se fait des amis qu’une milice fasciste finit par massacrer.
Curieux film. Z par son goût du gore outrancier, le vif penchant du réalisateur pour les macho women en treillis et les fusillades dans les sous-bois. Plus novateur et pertinent lorsqu’il traite des discriminations infligées aux minorités par le biais de la parabole. Une thématique qui prolonge, sur un mode mineur, la dialectique post-morten de George A. Romero.
Deux ou trois scènes bien sadiques, dont celle de l’exécution des morts, attestent des réelles dispositions de Marc Fratto dans un domaine où il n’était pourtant pas aisé d’apporter du sang neuf.
LES BONUS : « Je suis lourdement influencé par Martin Scorsese », commence par annoncer le réalisateur dans sa présentation, tout en avouant sa dette envers George A. Romero. Bien. Et, de son film, il continue à débattre dans des commentaires audio où ses comédiens principaux la ramènent aussi, visiblement éméchés par le champagne qu’ils ingurgitent tout au long de l’exercice. Quatre scènes biffées dont une fin alternative ainsi qu’une troisième intervention de Marc Fratto dans le cadre d’une featurette assaisonnent également les suppléments du menu. (NéoPublishing).
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